Tendances couleurs automne hiver 2019 – 2020

couleur tendance 2020

La couleur est à la mode. D’où l’intérêt de connaître les couleurs qui font partie des tendances couleurs 2020. Car, elles ne sont pas toutes dans le vent.  De plus, leur attrait diffère suivant l’endroit où elles sont posées. Ou encore, des évènements auxquels elles sont liées.

Par exemple, la couleur living coral, en décoration murale, a été élue couleur de l’année 2019 par le nuancier Pantone. Bien en phase avec une époque placée sous le signe de l’éco-responsabilité.

Et, pour 2020, on peut, d’ores et déjà, déceler 4 grandes tendances de fond. Toujours sous le même signe. Elles peuvent être déclinées pour les vêtements, les accessoires, la coloration des cheveux et la peinture murale.

La couleur « beige nude »

Le ton a été donné par les derniers défilés de mode des grands couturiers. Et là, il n’y a pas photo. Le grand vainqueur est la couleur beige nude.

Beige Nude couleur 2020

Elle avait déjà fait une apparition au printemps, mais, la couleur beige persiste et signe pour cet hiver.

D’une grande élégance, la couleur beige est habituellement considérée comme une couleur neutre. Un peu passe-partout.

couleur beige clair

Mais, comme les ambiances colorées dominent, elle va prendre des teintes plus chaudes et plus prononcées avec des nuances hot chocolate. Ou encore être associée à d’autres teintes plus vives.

Son côté naturel et terrien en fait une valeur sûre en ces temps où les questions environnementales sont dans tous les esprits. Rien d’étonnant à ce qu’on puisse l’associer, sans peine, à  la couleur verte.

vert nature amis, jardin, hôte, amour de la nature
La couleur verte reflétant l’amour de la nature, les amis, le jardin, être hôte.

Pour faire du beige, il faut mélanger du marron et du jaune. Il peut donc faire une bonne alliance avec la couleur jaune et ses différentes déclinaisons, comme l’orangé.

signification couleur jaune

De fait, une coloration des cheveux mettant l’accent sur un châtain cuivré, un roux clair ou cendré, ou encore un blond caramel, par exemple, sera particulièrement bien venue avec des vêtements beiges. Ne reste plus qu’à y ajouter un rouge à lèvres living coral et la touche sera parfaite.

La couleur verte « néo mint »

Pour les mêmes raisons environnementales, la couleur verte figure ainsi dans la liste des couleurs tendances pour la saison automne-hiver 2019-2020. Cependant, on la trouvera rarement en total look ou sinon comme « assourdie ».

Sans surprise, le feng shui fait de cette couleur, la couleur symbole du renouveau, de la santé et de la croissance. Cependant, elle n’est pas facile à placer chez soi. Notamment, en peinture murale.

Mais, on peut contourner la difficulté par la présence d’objets en « vert ». Coussins, plantes, vaisselle, rideaux, par exemple.

Pour la société londonienne WGSN dont le métier est d’identifier les tendances à venir, le vert devrait être une couleur dominante en 2020. Mais, pas n’importe quel vert. En effet, selon WGSN, le vert à la mode sera un vert néo mint.

vert néo mint couleur à la mode 2019-2020
Vert néo mint couleur à la mode 2019-2020 selon WGSN

Le vert néo mint est un vert pâle, presque une ombre de vert. Ce vert crée une sensation de fraicheur et de légèreté.

Bien en phase, finalement, avec la prochaine année chinoise qui sera celle du rat de métal blanc. De ce point de vue, année pleine d’énergie, l’année 2020 devrait être l’année de la fluidité et de l’optimisme.

Le bleu pâle « douceur de l’aube »

Un bleu pâle pourrait être la couleur choisie par le nuancier Pantone pour succéder au living coral. La décision sera prise au mois de décembre prochain.

Living coral FA7268 Pantone beige couleur 2019
Living coral FA7268 Pantone beige couleur 2019

Dans un premier temps, le choix du living coral avait été bien accueilli par la communauté des designers. Le fait est que le choix du violet, l’année précédente, n’avait pas fait l’unanimité.

 

Mais, dans un deuxième temps, le living coral a fini par susciter des critiques. La couleur rappelait un peu trop la menace pesant sur les fonds marins.

Des designers ont alors pensé qu’il était préférable de revenir à la couleur bleu. C’est désormais chose faite avec le bleu « douceur de l’aube » promu couleur de l’année pour 2020 par Dulux Valentine.

La décision a été prise après la tenue du traditionnel séminaire de septembre qui a eu lieu au global aesthetic center qui rassemble tout ce qu’il y a de sommités en matière de coloristes. Est-ce à dire que la couleur living coral a vécu ? Bien sûr que non.

Les tons « pastel » associés aux tendances couleurs 2020

Elle va, notamment, continuer à vivre au travers des tons « pastel » qui ont la faveur des stylistes et des décorateurs. Ceux-ci ont, en effet, tendance à privilégier les tons « pastel » avec des nuances de rose poudré, de vert d’eau, de bleu ciel et de lilas.

rose poudré, vert d'eau, bleu ciel, lilas
Les tons pastels craies en rose poudré, vert d’eau, bleu ciel, lilas

Ce qui n’interdit pas de recourir à des couleurs plus tranchées comme le rouge ou le noir. 2020 pourrait être, d’ailleurs, le grand retour de la couleur « noir ».

Tout est une question de dosage et d’ensemble. Il n’en reste pas moins que l’objectif à atteindre est de créer une atmosphère apaisée et lumineuse. A l’opposé de ce qu’une actualité, mouvementée et chaotique, peut faire ressentir.

Eco-responsabilité et choix des couleurs

On comprend bien qu’en ces temps placés sous le signe de l’éco-responsabilité, il est difficile d’envisager de refaire chaque année la décoration de son intérieur, de changer totalement de look et d’envoyer toute sa garde-robe chez Emmaüs. Simplement pour rester à la page ou à la mode.

Cela frise désormais l’inconstance, le gaspillage et fait trop penser à une obsolescence programmée, désormais honnie. Or rien n’empêche de faire évoluer ses couleurs en suivant la mode et les tendances, sans procéder à des bouleversements.

Il suffit pour cela de remplacer, par exemple, des accessoires, des coussins, des rideaux ou des tableaux. Une nouvelle couette ou un plaid « douceur de l’aube » peut recouvrir un lit ou une banquette.

Des coussins « néo mint » peuvent prendre la place, sur un canapé d’une couleur beige intemporelle, d’anciens coussins « living coral » ou s’y mêler.

coussins vert sur canapé beige

Quant à la peinture murale qu’il convient de toute façon de rafraîchir régulièrement, elle peut ne concerner que certains panneaux. Si une partie d’une pièce est peinte dans une couleur basique et durable, il est concevable de réserver l’autre partie à des teintes plus changeantes.

La condition étant qu’elles puissent s’y associer facilement et naturellement. Une base de couleur blanche ou beige clair est de fait, dans ce cas, bien commode.

Couleur chaude : définition et emploi

couleurs chaudes définition et emploi

La distinction entre couleur chaude et couleur froide apparaît pour la première fois,  en 1715, en Angleterre, sous la plume des Richardson, père et fils, qui publient alors leur traité de la peinture et de la sculpture. C’est un des tous premiers du genre. Il est destiné à la formation esthétique d’un large public. Ce fut un grand succès et il continue toujours à être lu.

Cette distinction est donc fondamentale. Cela dit, elle est avant tout subjective et sert dans de multiples domaines. Son utilisation s’étend, ainsi, de la peinture à la communication visuelle, en passant, notamment, par la mode et la décoration intérieure.

Couleur chaude et couleur froide : définition

Les couleurs chaudes : orange, rouge, jaune et beige

Une couleur chaude se définit principalement par ce que ressentent ceux qui y sont exposés. Ainsi, les couleurs orange, rouge, jaune et beige donnent l’impression à ceux qui les voient de créer une sensation de chaleur. A cette première sensation, il convient d’en ajouter une seconde, qui lui est associée, celle de la proximité. Ce dernier aspect est un élément important en matière picturale.

Les couleurs froides : bleu, vert et violet

A l’inverse, les couleurs froides se définissent par la sensation de fraicheur et d’éloignement qu’elles suscitent. Il en est ainsi du bleu, du vert et du violet. De cet ensemble, les deux premières couleurs, le bleu et le vert, sont des couleurs primaires. Comme l’autre couleur primaire est le rouge, il y a plus de couleurs primaires froides que de chaudes. Et curieusement, le jaune, couleur chaude, s’obtient par l’addition d’une couleur froide, le vert, et d’une couleur chaude, le rouge.

Subjectivité des couleurs chaudes et des couleurs froides

Les sensations de chaleur ou de froideur que suscitent les couleurs n’ont rien d’objectif. En réalité, si on se réfère à la température des étoiles et à leur coloration, une étoile bleue a une température beaucoup plus élevée qu’une étoile jaune.

D’ailleurs, chacun peut en faire l’expérience : la chaleur de la flamme jaune et brune d’une bougie est beaucoup moins brulante que celle de la flamme bleue d’un chalumeau ou d’un bec de gaz.

Bec de gaz couleur chaude bleu

Par conséquent, la sensation de chaud ou de froid que donne une couleur est purement psychologique. Elle n’en est pas moins bien réelle. Ainsi fonctionne le cerveau humain.

Remarquons néanmoins, comme le fait Michel Pastoureau, historien des couleurs reconnu, que cette lecture des couleurs par le cerveau évolue avec le temps et les environnements culturels. Il note ainsi qu’au Moyen Age et à La Renaissance, le bleu pouvait être considéré comme une couleur plus chaude que le rouge.

Utilisation d’une couleur chaude

Sensations généralement associées à une couleur chaude

L’impression de chaleur et de proximité ne suffit pas à décrire tout le champ des sensations que peuvent susciter les couleurs chaudes. On peut y ajouter d’autres sensations, par exemple,  telles que :

  • Le confort.
  • L’intimité.
  • Le partage.
  • La convivialité.
  • L’accueil.
  • Le bien-être.
  • La joie.
  • L’énergie.
  • La bonne humeur.

L’expression de ces différentes nuances dépend du dosage entre les différentes couleurs chaudes. On voit bien tout le parti qui peut en être tiré pour donner un sens particulier à leur utilisation. Et ce dosage est largement fonction des nombreuses significations qui s’attachent à une couleur, comme, par exemple,  les significations du rouge.

Signification des couleurs chaudes selon leur domaine d’utilisation

Cette signification est particulièrement importante dans le domaine de la peinture, de la mode, de la décoration intérieure, et de la communication visuelle.

Peinture et couleur chaude ou froide

Hors mis dans l’art abstrait, aucun peintre utilise, exclusivement, une seule couleur chaude ou froide, ou seulement plusieurs d’entre elles. Parmi les exemples les plus célèbres de cette utilisation exclusive, on peut citer, par exemple, le carré blanc sur fond blanc, peint par Malévitch en 1918.

Peinture Blanc sur blanc de Kazimir Malévich
Peinture Blanc sur blanc de Kazimir Malévich

Ou encore, les dégradés uniques de rouge, de jaune et d’orange de la toile peinte par Mark Rothko en 1961 et précisément nommée Orange, Red, Yellow.

Mark Rothko, peinture couleurs chaudes
Mark Rothko, peinture avec les couleurs chaudes Orange, Rouge et Jaune.

De fait, traditionnellement, le peintre utilise les contrastes entre les couleurs chaudes et les couleurs froides pour renforcer l’illusion de la  proximité ou de l’éloignement de tel ou tel  élément de sa toile. Une couleur chaude sur un fond de couleurs froides donne l’impression que le sujet, peint avec une couleur chaude, est « saillant ».

Autrement dit, qu’il sort de la toile pour se rapprocher du spectateur. A l’inverse, le même sujet peint, dans une couleur froide sur un fond de couleurs chaudes, donne l’impression qu’il « s’enfonce » dans la toile et s’éloigne du spectateur.

Ces effets sont naturellement connus des graphistes. Il leur est facile de les adapter dans le domaine de la communication visuelle.

Communication visuelle et couleur chaude

Cette communication est essentielle pour l’image de marque d’une entreprise et la conception du packaging d’un produit. Le consommateur perçoit la couleur d’une marque ou d’un produit bien avant d’en lire le message.

Et quand il le lit, son opinion est quasiment déjà faite. D’où l’importance de la cohérence entre la marque, la nature du produit et la couleur utilisée.

logo rouge de Coca-Cola
La couleur chaude rouge du logo Coca-Cola.

Le rouge de Coca-Cola est bien connu. Il est en cohérence avec la nature énergisante de la boisson, elle-même brune.

Il est facile à repérer sur un rayon de magasin et il n’est parasité par aucune autre couleur discordante. Certes, la couleur blanche est la couleur des lettres de la marque.

Elles donnent une impression de fraicheur, mais elles s’effacent derrière les couleurs dynamiques, rouge et brune, dominantes. Ce sont celles qui font la force du produit.

Ainsi, par le choix des seules couleurs, Coca-Cola fait passer un message complet aux consommateurs de sa boisson : reconstituante et rafraichissante.

Couleur chaude et décoration intérieure

La couleur est un élément que les techniques traditionnelles du Feng Shui considèrent avec beaucoup d’attention. Les couleurs chaudes sont ainsi réservées aux pièces qui servent aux réceptions, aux réunions familiales ou qu’il faut réchauffer car exposées au nord.

Salon, salle à manger, cuisine sont des lieux propices à une couleur chaude. On peut y ajouter aussi le bureau. En effet, le jaune facilite la concentration.

Cependant, une couleur chaude en « total look » peut vite apparaître écrasante. Il est, par suite, souhaitable de préférer un agencement mêlant habilement couleur chaude sur un pan, couleur froide sur un autre, avec un mobilier et une décoration choisis pour renforcer l’impression recherchée.

Mode et couleur chaude

La mode s’exprime par la tenue vestimentaire, le maquillage et la coiffure. La couleur retenue pour chacun de ces aspects est à la base du look d’une personne.  Et bien évidemment, ce look peut se révéler déterminant suivant les circonstances. Il n’y a pas de look neutre, car même un look « neutre »  est révélateur.

Le tissu wax ou tissu « africain » très coloré, aux couleurs généralement chaudes,  est une bonne illustration de ce que peut dire un vêtement sur l’état d’esprit de la personne qui le porte. En effet, chaque pièce de tissu wax a un nom qui lui est propre. Par exemple, l’une d’entre elles signifie  traditionnellement « Tu sors, je sors » et une autre « L’œil de ma rivale ».

On peut également considérer qu’il y a des modes ou des standards professionnels. Ainsi, pour montrer leur dynamisme et leur proximité avec le client, beaucoup de vendeurs portent une veste rouge. De même, il est difficile d’imaginer un banquier avec une veste de cette couleur. Il y a de fortes chances pour qu’il privilégie plutôt costume, chemise et cravate bleue.

Couleurs chaudes et couleurs froides : une distinction fondamentale

La distinction, somme toute récente,  entre couleurs chaudes et couleurs froides est désormais un concept important en matière de colorimétrie. C’est aussi un des plus élémentaires et un des plus simples à intégrer.  De ce fait, cette distinction constitue la première étape de toute approche dans ce domaine.

Compte tenu de son impact psychologique, réel, il convient donc de prendre le temps de bien  réfléchir au dosage entre les couleurs, suivant l’effet recherché. Par ailleurs, plutôt qu’un total look qui peut être contre productif, il est préférable de raisonner en couleurs dominantes et secondaires.

Signification du maillot jaune

origine maillot jaune

Qui a créé le maillot jaune ?

C’est Henri Desgrange, le créateur du Tour de France, qui en a eu l’idée. Mais, pas tout de suite. Le premier Tour de France date de 1903, mais le maillot jaune, lui, date de 1919.

Pour signifier que son porteur est premier au classement général. Depuis, rien n’a changé. Hormis les règles du décompte du temps pour établir le classement général, et donc pour attribuer le maillot jaune.

L’idée du maillot jaune a plusieurs origines et sa symbolique est plus complexe qu’il n’y paraît.

Quelle est l’origine du maillot jaune

La couleur du journal l’Auto

C’est l’origine la plus communément admise. C’est celle du journal créé en 1900 par Henri Desgrange avec le soutien du comte de Dion.

Ce dernier est le co-fondateur de la société des automobiles De Dion-Bouton en 1883.  Pendant un court laps de temps, il fut le premier constructeur automobile au monde, puis premier fabricant français des fameux autorails, rouges et jaunes, des sociétés de chemins de fer, après la première guerre mondiale.

A sa création, le journal s’appelait « L’Auto-Vélo », c’est l’ancêtre du journal « L’Équipe ». Il a été créé pour concurrencer le journal « Le Vélo » de Pierre Giffard. Celui-ci était imprimé en vert.

Le comte de Dion et Pierre Giffard étaient engagés dans deux partis politiques, opposés sur l’affaire Dreyfus. Le premier était anti-dreyfusard et le second dreyfusard. Pour cette raison, le comte de Dion retira tout son budget publicitaire, conséquent, du journal de Pierre Giffard pour le transférer à celui créé avec Henri Desgrange.

La couleur jaune du journal l’Auto-vélo résulte probablement de ce conflit politique. A l’époque, les dreyfusards étaient plutôt considérés comme des « rouges« , alors que leurs opposants, principalement dans les milieux d’affaires, étaient plutôt des « jaunes ». Pour en savoir plus, voir l’article « foulards rouges et gilets jaunes« .

Quant au titre, « L’Auto-Vélo » devient « L’Auto », suite à une action en justice en contre-façon de Pierre Giffard.  Celui-ci gagne son procès en 1903.

C’est par réaction à cette défaite judiciaire qu’Henri Desgrange crée le premier Tour de France sur une idée de son collaborateur Géo Lefèvre, ancien rédacteur du journal « Le Vélo ». L’objectif est de concurrencer le « Paris-Brest-Paris » de Pierre Giffard.

Objectif rapidement atteint puisque, peu de temps après la  première édition du Tour de France,  le journal de Pierre Giffard disparait et lui-même devient chroniqueur pour l’Auto à partir de 1910.

La seule couleur non utilisée par les coureurs engagés sur le Tour de France de 1919

Pour les premières éditions du Tour de France, la couleur des maillots n’est pas codifiée et chaque coureur fait un peu ce qu’il veut dans ce domaine. Néanmoins, les coureurs soutenus par des marques comme Peugeot ou des clubs comme l’UC Paris en portent les couleurs ou les emblèmes. Par exemple, le lion pour Peugeot et le bleu-clair pour l’UC Paris.

1919 est l’année de la reprise du Tour de France après 4 années d’interruption due à la Première Guerre Mondiale. Il faut faire face à des pénuries.

On essaie de s’organiser. On crée le consortium « la sportive » qui regroupe les équipes Peugeot et Alcyon.

Qui porte le maillot jaune ?

C’est dans ce contexte, un peu perturbé, qu’Henri Desgrange décide que le premier au classement général à la fin de chaque étape endossera un maillot jaune, seule couleur lisible d’un peloton bariolé.

Le premier à le porter est Eugène Christophe, dit « le vieux gaulois », qui n’a jamais gagné le Tour de France, mais figure dans le « Hall of Fame » de l’Union Cycliste Internationale (UCI). Une légende du cyclisme à lui tout seul. Il le portera au départ de l’étape Grenoble – Genève, 11ème étape du Tour de France 1919.

Maillot jaune sans victoire d’étape

A noter, d’ailleurs, que du fait de son mode de calcul, le vainqueur du Tour de France, peut très bien n’avoir jamais gagné d’étape, si ce n’est la dernière. A ce moment là, il  endosse le maillot jaune, parce qu’il a le meilleur temps au classement général, non parce qu’il a gagné le plus grand nombre d’étapes.

Et comme il n’y a plus d’autres étapes, il gagne aussi le Tour de France.

Le premier a avoir gagné le Tour de France, sans jamais avoir gagné d’étape, est Firmin Lambot, vainqueur du Tour de France 1922. Le dernier, est Christopher Froome, en 2017. Ils sont 7 au total à avoir gagné le Tour de France, sans jamais avoir gagné une étape, si ce n’est la dernière.

La couleur du grand champion d’avant-guerre Philippe Thys

Trois fois vainqueur du Tour de France, en 1913, 1914 et 1920, record longtemps inégalé, le belge Philippe Thys, dit « le basset », avait pour habitude, selon son entraineur, de porter un pull ou un maillot jaune.

Philippe Thys participera au total à 10 « Tour de France », entre 1912 et 1925. Il gagnera 13 victoires d’étape et, à partir de 1920, portera le maillot jaune près de 14 jours.

Henri Desgrange dira de lui :

Thys est le plus grand coureur que j’ai pu admirer dans le Tour.

De là à penser que c’est pour rendre hommage à ses qualités de champion qu’il fit le choix de la couleur jaune pour le maillot du leader du Tour de France, il n’y a qu’un pas que beaucoup de commentateurs n’hésitent pas à faire.

La symbolique complexe du maillot jaune

Une fois né, le « maillot jaune » a très vite fait partie de l’imaginaire collectif. Du fait de sa richesse symbolique, le maillot jaune peut ainsi prendre beaucoup de sens. Ils se recoupent souvent, mais pas toujours. Tout dépend des contextes et des interlocuteurs.

Maillot jaune, maillot du leadership et de la performance

Évidemment, le maillot jaune est le maillot du leader. Le leadership est son premier sens.  L’expression est donc utilisée pour signaler ce leadership et la performance dans bien d’autres contextes, sportifs ou non, que celui du Tour de France. Par exemple, dans le domaine hippique, le domaine marketing ou scolaire.

C’est ce qui séduit, depuis 1987, le sponsor actuel du maillot jaune, dont le contrat vient d’être reconduit jusqu’en 2022. Il précise ainsi :

Le maillot jaune et LCL se retrouvent sur des valeurs communes : engagement, fidélité et performance.

Le maillot jaune, le maillot des valeurs morales les plus nobles

Courage, énergie, moral d’acier, telles sont les valeurs portées par les plus valeureux des maillots jaunes dont l’archétype est sans nul doute Eugène Christophe, le « vieux gaulois », le premier à avoir porté un maillot jaune.

Un journaliste écrivit, après sa chute dans la descente du col du Tourmalet, lors du Tour de France 1913, le maillot jaune n’existait pourtant pas encore :

S’il fut malheureux, il fut aussi courageux qu’il est possible de l’être et on doit profondément admirer l’énergie de cet homme qui, du tout premier rang, se trouve brusquement, par un incident indépendant de sa volonté, relégué presque aux dernières places, et qui, sans une minute de défaillance morale, se dépêche de réparer, continue, termine l’étape. »

Une statue d’Eugène Christophe, inaugurée le 25 juillet 2014, à Sainte-Marie-de-Campan, commémore l’évènement. Il fait partie des rares champions à avoir été ainsi honoré. Pour en savoir plus sur les plaques commémoratives.

Quelle récompense pour le maillot ?

Porter le maillot jaune à la fin de la dernière étape, c’est gagner le Tour de France et le prix qui va avec, soit 500 000 €. Rappelons que le vainqueur est celui dont le temps cumulé à l’issue des 22 étapes, et calculé au centième de seconde près, est le plus petit. Toutefois, ce montant ne représente qu’une partie des gains du vainqueur du Tour de France.

Qui a porté le maillot jaune le plus longtemps ?

En général, il l’a porté à de nombreuses reprises pendant toute la durée de la course. Eddy Merckx, celui qui l’a porté le plus souvent, l’a détenu ainsi 96 fois. Or, chaque fois qu’un coureur endosse le maillot jaune, il touche une prime de l’entreprise qui le sponsorise. Au total, les gains d’un vainqueur du Tour de France peuvent ainsi avoisiner, aujourd’hui, près d’un million d’euros.

Par ailleurs, comme l’a décrit Cédric Vasseur, qui en a connu l’euphorie :

Quand on a le maillot jaune, on n’est pas accueilli de la même manière à l’hôtel. C’est une haie d’honneur à chaque fois.

Le maillot jaune, un symbole presque universel

D’utiitaire et de politique, le maillot jaune est devenu, au fil de chacune des éditions du Tour de France, le maillot des champions. Le symbole qu’il représente désormais déborde largement le cadre du cyclisme et s’étend à tous les domaines, dès lors qu’il s’agit de valoriser une performance individuelle ou collective.

Mariage en blanc et en bleu : quelle symbolique ? Quelle touche d’ancien ?

Mariage couleur balnc bleu ancien

Vous voulez un mariage en blanc et en bleu ?
Si la période estivale est la période privilégiée pour les mariages, il n’en a pas toujours été ainsi. De fait, une étude récente montre qu’au milieu des années 50, la période était beaucoup plus étalée qu’elle ne l’est aujourd’hui.

En outre, il y avait aussi beaucoup plus de mariages. En effet, on est passé d’une moyenne de 365 000 mariages par an à une moyenne de 248 000.

De plus, ce que révèle aussi cette étude, de manière plus qualitative, c’est que les pratiques ont également changé et que la perception du mariage qui en découle est très différente de ce qu’elle a pu être.

Son caractère religieux ou traditionnel est ainsi bien moins marqué qu’il ne l’était autrefois. Place donc aux styles et à une personnalisation, dont on attend qu’elle reflète ce que sont les mariés.

Or, parmi les composants de la douzaine de styles possibles, le blanc, le bleu et l’ancien figurent régulièrement en haut du tableau.

Choisir la date du mariage

C’est par là que tout commence. Et mieux vaut s’y prendre longtemps à l’avance.

Les congés, ça ne se décide que rarement à la dernière minute. Et il faut également prévoir du temps pour les derniers préparatifs du mariage.

Et encore du temps, pour tout organiser dans les moindres détails.

Le choix de la saison

Ce n’est pas tout. La période estivale, de juin à septembre, étant la plus demandée, la disponibilité des différents prestataires s’en ressent inévitablement.

Difficile de réserver la salle de réception de vos rêves, trois mois avant votre mariage, pendant cette période.

Comme on vient de le dire, la perception du mariage a beaucoup évolué. Il est donc de plus en plus courant de s’affranchir des dates traditionnellement retenues pour les mariages.

Le printemps et l’hiver sont des saisons tendances. La première est volontiers associée à la renaissance et la seconde au cocooning.

Quant à l’automne, elle reste la saison la plus boudée. Le retour des vacances et la rentrée ne sont, en effet, guère propices aux festivités.

Toutefois, attention aux dates fétiches !

Il y a des dates qu’il vaut mieux éviter.  Il en est ainsi du 14 février.

Pourtant, c’est le jour de la fête des amoureux. Oui, mais, les statistiques montrent que les mariages qui ont lieu ce jour-là, sont ceux dont le taux de divorce est le plus élevé dans les années qui suivent : 11 % après 5 ans, 21 % après 9 ans !

Quant au 1er Avril, la date ne fait pas assez sérieux. Certains invités risquent de croire que le mariage n’est qu’un poisson d’avril et d’oublier de s’y rendre.

D’autres dates méritent aussi la plus grande attention. Notamment, celles du mois de mai, mois de la Vierge, mois décrié selon certaines traditions, et celles du changement d’heure. Dans ce dernier cas, le risque est surtout celui des retards. Mais, ô combien exaspérants, dans ces moments-là.

Les différents composants d’un style de mariage

Au fond, les styles de mariage peuvent être de trois sortes. Certains « wedding planners » vont bien au-delà et en donnent jusqu’à douze styles, voire plus. Mais, au fait, qu’est-ce qu’un style de mariage ?

C’est un assemblage de plusieurs composants comme, par exemple :

  • La date.
  • Le lieu.
  • La décoration.
  • Le menu.
  • Les tenues.
  • Les animations.

Tous ces composants doivent avoir un air de famille, c’est ce qui fait le style.

Les trois styles de mariage

Le premier style est le style « tradi ». Le mariage a lieu de préférence l’été, dans une belle salle de réception avec un mobilier et une vaisselle, classiques, une décoration florale aux tons pastel ou vieux rose, un menu gastronomique, la mariée en blanc et des animations bon enfant.

Un second style est le style « recherché ». Le mariage a lieu hors saison estivale, dans un lieu sortant de l’ordinaire, avec un mobilier et une vaisselle, design ou glamour, une décoration florale originale, un menu « bio » ou « minimaliste », de type « nouvelle cuisine », par exemple, la mariée peut même être en rouge et les animations être confiées à un groupe musical « live ».

Le dernier style est celui du « DIY ». Celui de la débrouille et du « Do It Yourself». Le budget d’un mariage peut rapidement s’envoler, si on n’y prend garde. Or beaucoup de choses peuvent être faites par soi-même pour un résultat qui peut être supérieur à celui offert par des prestataires extérieurs, dont le coût peut être relativement élevé.

La symbolique du blanc, du bleu et de l’ancien

Cette symbolique peut se retrouver dans chacun des trois grands styles.

Rappelons que le blanc est la couleur de la pureté et de la virginité. C’est une non-couleur qui réunit toutes les couleurs. Elle est signe d’engagement moral et de commencement. C’est la couleur de la page est blanche.  Elle va bientôt être recouverte par les lettres et les caractères de l’histoire de l’union qui vient de naître.

Quant au bleu, c’est la couleur de la sérénité et de la bienveillance. C’est la couleur du ciel et des grands espaces. Le bleu peut être le signe d’une certaine naïveté, mais il est aussi celui de la sentimentalité, de la joie, du bonheur et d’un rapport aux autres, tranquille. Ce sont là bien évidemment les ingrédients nécessaires à tout mariage réussi.

Privilégier l’ancien dans un mariage, c’est comme vouloir l’ancrer solidement dans la durée. Suivant le choix de l’ancien, ce peut être aussi l’occasion d’inscrire la nouvelle union dans toute une lignée d’unions qui l’ont précédé. C’est lui donner une patine et rappeler un vécu pour souligner combien la fidélité et l’engagement sont au cœur de la nouvelle étape que constitue le mariage.

Un mariage en blanc, bleu et ancien

Il doit correspondre avant tout aux mariés et leur ressembler. Difficile d’imaginer, par exemple, la mariée en rouge, si son tempérament est plutôt celui d’une personne calme et tranquille.  A l’inverse, si son tempérament est habituellement passionné, ce peut être un très bon choix.

Le mariage « tradi » en blanc, bleu et ancien

C’est le plus facile pour mettre en œuvre la symbolique choisie par les mariés. Le blanc y est porté naturellement par la mariée et se retrouve dans tous les éléments de décoration.

Les accessoires

Il est particulièrement bienvenu dans la composition des centres de table. Il peut y alterner avec bonheur avec le bleu.

Les vases, les verres, les photophores, les bougies, la décoration florale sont autant d’accessoires avec lesquels il est possible de jouer, pour faire ressortir les couleurs préférées des mariés.

Le cadre

Le côté ancien peut être largement soutenu par le choix du lieu du mariage et par le mobilier retenu pour la salle de réception. Une vieille demeure, des boiseries d’époque, un beau parc avec des arbres centenaires donnent un look « patiné » du plus bel effet.

Des animations en phase

Notez que, même si le lancer de riz, sur le parvis de l’église ou à la sortie de la mairie, lorsque l’union a eu lieu, est une pratique courante et traditionnelle, elle tend néanmoins à disparaître. Désormais, on lui préfère le lancer de pétales, par exemple, beaucoup plus « politiquement correct ».

Mariage « recherché » en blanc, bleu et ancien

Il est plus sophistiqué que le précédent. Il reflète les goûts élaborés des mariés. Les tenues et les composants peuvent avoir des lignes résolument modernes et design.

Des accessoires design

De fait, les bouquets des centres de table peuvent ainsi prendre une coloration zen et combiner agencement épuré et finesse des couleurs. Les autres accessoires comme la vaisselle et les couverts peuvent renforcer ce choix par une dimension originale et une calligraphie dans la même tonalité.

Une attention toute particulière peut être donnée aux menus, à leur présentation et à la nature des plats proposés.

Un cadre ancien

Pour autant la sophistication recherchée n’exclut pas d’emblée les vieilles demeures et leur patine si particulière.

La combinaison de l’ancien et du moderne souligne l’étendue des savoir-faire des mariés et valorise leur expérience.

Des animations adaptées

L’envol d’une multitude de petites montgolfières lumineuses à la tombée de la nuit symbolise, par exemple, cette alliance entre tradition et originalité. De même, on peut y ajouter une arche de mariage, ronde plutôt que carrée, pour respecter la tendance actuelle.

De cette façon, les mariés vont pouvoir se mettre en scène sur un espace dédié. Ainsi, les occasions de faire preuve d’originalité ne manquent pas.

Le mariage « DIY » en blanc, bleu et ancien

Et pourquoi ne pas tout faire soi-même ou presque. Car, après tout, les mariés et leurs familles ont aussi beaucoup de savoir-faire. Et, à partir du thème donné, les idées peuvent être très nombreuses et les réalisations très valorisantes pour les uns et les autres.  Et cela, sans pour autant grever le budget !

Des accessoires au naturel

La composition des centres de table peut être à base de vases, de pots, de fleurs, venus des jardins des organisateurs. Quant à la robe de la mariée, elle peut aussi être celle de la mère aimante dont la taille a été réajustée.

Quel beau symbole de continuité familiale ! Les menus peuvent être écrits à la main avec une belle écriture à l’encre bleue. On peut répartir sur le chemin de table de belles billes transparentes et bleues.

Un cadre familial

Nul besoin de rechercher absolument une salle de réception dans des endroits difficiles à réserver à la date voulue. Une jolie grange familiale, bien aménagée, bien décorée, peut répondre totalement aux besoins des invités.

Et à défaut, beaucoup de communes proposent à leurs habitants de belles salles très bien équipées.

Le sens de la fête

Dans toutes les familles, on trouve des membres qui ont plus le sens de la fête que d’autres. Ce serait dommage de ne pas utiliser leurs talents pour concevoir un programme d’animations. Et cela, d’autant plus qu’ils connaissent bien la plupart des invités.

 

Le mariage en blanc, bleu et ancien est un des plus faciles à mettre en place et il s’accommode de tous les styles. Par ailleurs, il est à la portée de tous les budgets.

Cependant, quelle que soit l’option retenue, son organisation demande du temps, comme pour tout mariage. Par conséquent, mieux vaut donc s’y prendre largement à l’avance.

Couleur orange des Pays-Bas : pourquoi ?

La couleur orange des Pays-Bas, cette alliance du rouge et du jaune, vous interpelle, à juste titre. Vous avez sûrement remarqué que lorsque l’équipe nationale de football des Pays-Bas joue, elle porte toujours un maillot de couleur orange.

On est là, bien loin des trois couleurs, rouge, blanc, bleu, du drapeau néerlandais.

Les couleurs du drapeux Néerlandais sur l'hermitage d'Amsterdam
Les couleurs du drapeux Néerlandais sur l’hermitage d’Amsterdam

En vérité, pas tant que ça, parce qu’à l’origine, la bande supérieure rouge du drapeau était bien orange. Mais, il faut reconnaître que la couleur orange n’est pas très visible sur mer, et comme chacun sait, la fortune du pays s’est faite sur la mer, donc progressivement, l’orange a été remplacé par le rouge.

Mais, il n’a pas disparu pour autant. Il figure toujours à sa place sur le drapeau de la famille royale qui règne sur les Pays-Bas et qui descend du stathouder, Guillaume d’Orange.

Le drapeau et étendart de la famille royale Pays-Bas garde l'orange comme couleur
Le drapeau et étendart de la famille royale Pays-Bas garde l’orange comme couleur même s’il a évolué au fil du temps

La couleur orange rappelle donc le rôle joué par ce Prince dans l’indépendance des Pays-Bas, mais aussi les valeurs partagées par les orangistes.

 

La couleur orange des Pays-Bas en souvenir du Prince d’Orange

Orange, capitale du Comtat Venaissin, aujourd’hui, commune du Nord-Ouest du Vaucluse

Effectivement, Guillaume d’Orange qui a vécu de 1533 à 1584 était le Prince de la ville d’Orange, aujourd’hui dans le département du Vaucluse, mais à l’époque, c’était la capitale du Comtat Venaissin.  Et ce territoire ne faisait pas partie du royaume de France, mais relevait du Saint Empire Germanique.

Raison pour laquelle, c’est l’empereur Frédéric Barberousse qui éleva ce qui n’était alors qu’un comté, en principauté, au profit d’une famille de seigneurs originaires des Baux de Provence. Cela se passait au 12 ème siècle.

Blason de la ville d'Orange dans le Vaucluse
Blason de la ville d’Orange dans le Vaucluse

Puis, le jeu des alliances familiales et des héritages faisant le reste, la principauté finit par échoir à la maison de Nassau en 1544.  Puis des mains du chef de cette noble maison, elle passa à celles de son cousin, le fameux Guillaume d’Orange-Nassau, dit le Taciturne.

Le titre de Prince d’Orange

Il y a bien longtemps que la maison Nassau-Orange n’a plus de lien territorial avec la ville d’Orange, mais elle a conservé le titre de Prince d’Orange ou de Princesse d’Orange pour l’attribuer à l’héritier ou à l’héritière du monarque régnant.

Devenues Royaume en 1840, les Provinces-Unies se sont inspirées de la constitution britannique où le Prince de Galles est l’héritier de la Couronne. Prince d’Orange, à l’avènement de sa mère comme Reine des Pays-Bas en 1980, le roi actuel, Guillaume-Alexandre, a cédé son titre de Prince d’Orange à sa fille ainée, Catharine-Amélie, lorsque lui-même est monté sur le Trône en 2013.

Symbolique politique de la couleur orange des Pays-Bas

Cet attachement à ce titre est très symptomatique de la place que la couleur orange occupe dans l’imaginaire politique des Pays-Bas. La révolution des « gueux » menée par Guillaume d’Orange contre le pouvoir espagnol s’est, en effet, appuyée sur les classes populaires et petites bourgeoises. Ce n’est pas forcément ce que souhaitait Guillaume d’Orange à l’origine, mais c’est ainsi que les choses ont tourné et qu’est né le parti des orangistes.

Cette tradition est toujours vivace dans les Pays-Bas d’aujourd’hui. La famille royale néerlandaise est la moins fortunée des familles royales en Europe. Son patrimoine est estimé à 200 millions d’euros.

Guillaume-Alexandre était co-pilote à temps partiel d’un Boeing 737 de KLM avant de devenir roi. Comme sa belle-sœur, Mabel, il est également très soucieux des questions humanitaires et a multiplié les engagements dans ce domaine.

Sa femme est née en Argentine dans une famille de la bourgeoisie, comme Mabel. Leur fille Katarina-Amélie, née en 2003, est inscrite dans une école publique où elle se rend à vélo comme tout néerlandais qui se respecte.

La gouvernance orangiste, une gouvernance sourcilleuse

La couleur orange est ainsi, ici, synonyme d’une certaine sobriété dans la manière de vivre et de diriger. S’y ajoutent la liberté de penser et le rejet de l’autoritarisme.

Guillaume d’Orange disait, en décembre 1564, :

Je ne peux admettre que les souverains veuillent régner sur la conscience de leurs sujets et qu’ils leur enlèvent la liberté de croyance et de religion.

Et sa devise, sans équivoque, était :

Je maintiendrai.

C’est toujours celle de la famille régnante actuelle. C’est aussi celle du gouvernement néerlandais.

On ne peut manquer d’en voir la marque dans la prise de participation éclair de l’État néerlandais dans le capital d’Air France-KLM, au début de l’année 2019.

Avec une participation désormais quasiment équivalente, l’État néerlandais entend préserver le rôle d’Amsterdam comme hub de la compagnie. La nouvelle direction de celle-ci a, en effet, laissé entendre, à un moment donné, que cette fonction pouvait être remise en question.

L’orangisme en dehors des Pays-Bas

La nature de l’orangisme aux Pays-Bas est une chose. L’orangisme en dehors des Pays-Bas en est une autre, même si son origine est toujours liée au Prince d’Orange. Il a eu, et il a encore, principalement des répercussions politiques en Angleterre, en Belgique, au Luxembourg, en Irlande et au Canada.

L’orangisme belge et luxembourgeois

L’orangisme belge est plutôt lié à l’idée de grande Belgique. A sa naissance, au début du 19ème siècle, il a le soutien des grandes familles de l’aristocratie et de la bourgeoisie belge.

Leur ambition était de constituer un grand royaume, réunissant la Belgique et les Pays-Bas, dont le monarque aurait été un membre de la maison Nassau-orange.

L’orangisme luxembourgeois rassemble les partisans de la maison Nassau-Orange au profit du roi grand-duc du Luxembourg.

Orangisme anglais, irlandais et canadien

L’orangisme anglais et irlandais

Il a été et il est encore largement issu de l’ordre loyal d’Orange. Celui-ci a été créé en 1795 à Loughhall en Irlande. Il s’agit d’une fraternelle protestante profondément anticatholique, antifrançaise et soutien sans faille de la couronne britannique.

Il se situe dans le prolongement de la défaite, lors de la bataille de la Boyne, en Irlande, de Jacques II d’Angleterre, catholique, et à l’arrivée au pouvoir, sur le trône d’Angleterre, de Guillaume III d’Orange, protestant. Cette bataille est commémorée en Angleterre, chaque année, au mois de juillet.

Son implantation est particulièrement forte en Ulster, en Irlande. Encore récemment, plusieurs premiers ministres d’Irlande du Nord sont devenus des dignitaires de l’Ordre après la fin de leur mandat. L’Ordre compterait actuellement en Irlande un peu plus de 30 000 membres.

L’orangisme au Canada et dans le Commonwealth

Il naît officiellement en 1830 à Brockville dans l’Ontario. Sous le nom d’Association Loyale d’Orange du Canada, il est affilié à la loge mère irlandaise. Comme elle, son organisation décalque celle de la franc-maçonnerie.

Très présents dans la politique canadienne, les membres de l’Ordre au Canada ont été, au début du 20ème siècle, aussi nombreux que tous les membres présents dans tout le reste du Commonwealth.

Aujourd’hui, les effectifs sont en déclin.  Néanmoins, ils sont particulièrement actifs dans les provinces du Québec, de l’Ontario et du Manitoba, au point d’être des acteurs politiques incontournables.

Ils sont, notamment, partie prenante de toutes les discussions actuelles concernant les politiques de l’immigration. Ils refusent, entre autres, le bilinguisme et prônent le multiculturalisme.

L’orangisme et couleur orange des Pays-Bas, en bref

Monarchique en Belgique et au Luxembourg, l’orangisme est plutôt fondamentaliste  en Irlande et au Canada.

Dans ces deux derniers pays, le fondamentalisme orangiste s’exprime, à l’intérieur, par la primauté donnée aux valeurs protestantes et à la population « native » anglophone.

A l’extérieur, il privilégie les liens avec la Couronne britannique.

Ces aspects de l’orangisme mondial diffèrent sensiblement de l’orangisme néerlandais. Aux Pays-Bas, l’orangisme exprime l’attachement d’une grande partie de la population néerlandaise à la famille royale.

Elle y est vécue comme un facteur d’unité nationale. C’est en quoi la sobriété du mode de vie de la famille royale et son ouverture y sont essentiels.

C’est cet orangisme qu’expriment le port du maillot de foot orange par l’équipe nationale des Pays-Bas et d’une manière générale, le goût des néerlandais pour la couleur orange.

Coupe du monde de football féminin, Juin 2019

La prochaine coupe du monde de football féminin aura lieu en France, du 7 juin au 7 juillet 2019. Elle verra s’affronter au stade du Hainaut à Valenciennes, l’équipe néerlandaise et les lionnes indomptables du Cameroun.

Les deux équipes affectionnent le maillot orange ou jaune-orange. On peut donc, légitimement, se demander laquelle des deux équipes jouera dans une autre couleur.

La question est ouverte et les commentaires sont les bienvenus. Ils seront intégrés à la suite de ce post.

Signification foulard rouge et gilet jaune

Signification foulard rouge et gilet jaune

Le choix d’une couleur par un mouvement politique ou social est un élément essentiel de sa représentation.

Maurice Agulhon, aujourd’hui disparu, professeur au Collège de France, de 1986 à 1997, s’est beaucoup intéressé à cette question. Son livre majeur qui fait autorité dans ce domaine s’intitule : Marianne au pouvoir.

Répartition couleur politique en France 2018
Couleur politique en France 2018

L’imagerie et la symbolique républicaines de 1789 à 1880. Pour lui,

La politique est une bataille. Normalement, elle oppose deux camps bien contrastés. Quand, en outre, elle a des acteurs populaires, elle a besoin d’un langage simple, plus simple que les noms abstraits qui renvoient à une doctrine.

Il en est ainsi de la couleur rouge et de la couleur jaune. Elles font partie de l’arsenal politique.

Ce qui est nouveau avec l’émergence des Foulards Rouges et des Gilets Jaunes, c’est le retour à une représentation ancienne pour les uns, les Foulards Rouges, et c’est un renouvellement de cette même représentation pour les autres, les Gilets Jaunes.

Le rouge des Foulards Rouges, proche de la symbolique du drapeau rouge de la garde nationale de 1789.

Le rouge révolutionnaire

En politique, la couleur rouge évoque traditionnellement un mouvement de gauche. A chaque élection, les infographistes des différents médias, classent sans hésiter les différentes étiquettes politiques, de rouge à bleu, exception faite des écologistes, suivant leur plus ou moins grande appartenance à la gauche ou à la droite.

Cette classification rejoint d’ailleurs le langage populaire qui fait des « rouges » des révolutionnaires prêts à renverser les institutions existantes pour les remplacer par de nouvelles, dominées par les classes populaires.

Le rouge de la Garde Nationale de 1789

Mais, il n’en a pas toujours été ainsi. Avant qu’il ne devienne le symbole de la révolution, le drapeau rouge a été celui du maintien de l’ordre.  La loi du 21 Octobre 1789, contre les attroupements ou loi martiale, défendue par Mirabeau, expose dans son article 1 que :

Dans le cas où la tranquillité publique sera en péril, les officiers municipaux des lieux seront tenus, en vertu du pouvoir qu’ils ont reçu de la commune, de déclarer que la force militaire doit être déployée à l’instant pour rétablir l’ordre public.

Rôle assigné à l’époque à la Garde Nationale, commandée par LaFayette.

Marquis de Lafayette
Marquis de Lafayette

Dans son article 2, la loi précise :

Cette déclaration se fera en exposant à la principale fenêtre de la maison de ville, et en portant dans toutes les rues et carrefours, un drapeau rouge.

Et elle ajoute dans son article 3 :

Au signal seul du drapeau, tous attroupements, avec ou sans armes, deviendront criminels, et devront être dissipés par la force.

Autrement dit, le drapeau rouge agit alors comme un signal pour avertir d’un danger. De la même façon aujourd’hui, les drapeaux sur les plages avertissent les baigneurs sur le niveau de dangerosité de l’état de la mer et sur le degré de leur surveillance. Suivant le code établi, le drapeau rouge leur signale l’interdiction de la baignade.

Qui sont les Foulards Rouges ?

Fin Novembre 2018, des habitants du Vaucluse lancent le mouvement des Foulards Rouges. Clairement, leur but est de s’opposer aux Gilets Jaunes. En cela, comme on le verra ci-après, l’opposition entre Rouges et Jaunes est traditionnelle.

Pour autant, il ne s’agit pas ici d’affirmer un parti pris révolutionnaire, mais bien au contraire de réclamer un retour à l’ordre public. D’ailleurs, la dénomination ferait référence aux foulards rouges, de rigueur pendant les fêtes de Bayonne, et non à un quelconque épisode insurrectionnel.

Foulards Rouges contre Gilets Jaunes

La signification politique de la couleur rouge est, de ce fait, inversée par rapport à son acception contemporaine.

Ce que confirment les mots d’ordre lancés au cours de la marche parisienne du 27 janvier 2019, tels que :

Gilets jaunes au travail !

Non aux factieux !

Je suis là pour soutenir le Président démocratiquement élu !

Cette marche devait, d’ailleurs, s’appeler « marche de soutien à Emmanuel Macron », avant de devenir « marche républicaine pour les libertés ». Et le fait est qu’elle a été organisée par d’anciens responsables locaux du parti présidentiel, de même que suivie par de nombreux élus de ce parti.

Qui sont les Foulards Rouges ?

Par-delà les décennies, on peut donc dire que le positionnement des Foulards Rouges rejoint, d’une certaine façon, celui de la Garde Nationale de 1789, dans des circonstances comparables de désordre public.

Le jaune des Gilets Jaunes, à l’opposé du syndicalisme jaune du début du 20ème siècle et en conflit avec le jaune du parti présidentiel

C’est principalement dans le domaine syndical que le jaune parvint à s’imposer et cela pendant une période relativement limitée.

Suffisamment, toutefois, pour que le terme prenne durablement une connotation conforme à la symbolique traditionnelle du jaune.

Centre de contestation des gilets jaunes avec cette cabane de rond point
Centre de contestation des gilets jaunes avec cette cabane de rond point

Le jaune du syndicalisme jaune de 1902

C’est en Mars 1902 que Pierre Biétry crée la Fédération des Jaunes de France. Elle succède à la Fédération de syndicats anti-grévistes, dits aussi Indépendants.

Elle fait suite à des mouvements sociaux très durs à Montceau-les-Mines et au Creusot, quelques années plus tôt.

La dénomination syndicat jaune est née pendant ces mouvements. Pierre Biétry raconte comment le café de la mairie, à Montceau-les-Mines, siège des indépendants non-grévistes, a été attaqué par des grévistes « rouges » et mis à sac.

Les vitres cassées ont été remplacées par du papier jaune.  Le nom est resté pour désigner ceux qui y tenaient leurs réunions.

 

Cela dit, un auteur comme Maurice Fournier , auteur de « les jaunes : mot-fantasme à la fin du 19ème siècle » a montré que l’emploi de  » jaunes »,  pour qualifier des non-grévistes ou des ouvriers « low cost » avant la lettre, a été utilisé, de manière péjorative, bien avant cet épisode. En France, mais aussi aux Etats-Unis.

La Fédération voulue par Pierre Biétry ne devait pas durer plus de 10 ans et elle disparaît en 1912. Sa devise « Patrie, Famille, Travail » devient celle du gouvernement de Vichy sous la forme inversée « Travail, Famille, Patrie ».

Une partie de ses idées, notamment sur le rôle clef de l’économie de marché, est portée, plus tard, par des syndicats tels que la Confédération française du Travail (CFT).

Celle-ci se fond en 1977 dans la Confédération des Syndicats Libres (CSL). Depuis 2002, date de la dissolution de cette dernière, il n’y a plus à proprement parler de syndicat « indépendant ».

Qu’est-ce qu’un Gilet Jaune ?

C’est un « jaune » inédit. Il conteste les pouvoirs en place, mais souhaite en même temps participer avec eux à l’exercice de leur pouvoir.

Ces « jaunes » ne s’opposent pas à une manifestation menée conjointement avec les syndicats « rouges » existants.  Tout en les tenant à l’écart.

Un "gilets jaunes" avec la mention "révolution" sur son dos
Un « gilets jaunes » avec la mention « révolution » sur son dos

De même, ils rejettent toute tentative de récupération par les partis, mais acceptent dans leurs rangs des représentants de tous les partis.

Le jaune des Gilets jaunes 2018

Symboliquement le jaune de ce mouvement est à l’image du jaune fluo du gilet de sécurité qui lui sert d’emblème. Ce n’est pas un jaune affadi ou maladif, mais un jaune « pétard » et revendicatif.

Et selon l’un de leurs porte-paroles, François Boulo, jeune avocat de 32 ans, sa devise est : « l’amour, le partage, la fraternité ».

 

Quelle est l’origine du Gilet Jaune ?

Rien d’étonnant à ce que le choix du gilet jaune comme emblème ou symbole soit, dans ces conditions, une création spontanée. Sans référence au passé.

Le premier Gilet Jaune, Ghislain Coutard, raconte comment l’idée lui est venue de faire du gilet de haute visibilité un signe de ralliement :

Je devais pousser mon coup de gueule. Spontanément, j’ai pensé au gilet jaune.

Je l’utilise à chaque fois que je vais chez des clients. Dès que je sors de chez eux, je rentre dans mon camion, j’enlève mon gilet, je le jette contre le pare-brise et je remplis mes papiers.

Cela a été le déclic.

Ghislain Coutard est un technicien-mécanicien de 36 ans. Il vit près de Narbonne et parcourt près de 500 kms par jour. Il gagne entre 1800 et 2300  euros nets par mois.

Un jaune en conflit avec le jaune présidentiel

Après des années dominées par l’opposition entre les « rouges » et les « bleus », l’opposition la plus vive, aujourd’hui, est celle qui oppose deux jaunes, celui des gilets jaunes et celui du parti présidentiel.

L’émergence soudaine et fracassante du jaune sur la scène politique et sociale française ressemble à un de ces cygnes noirs théorisés par Nassim Nicolas Taïeb. Elle était imprévisible et pourtant très probable.

Le jaune est encore plus inédit pour un parti politique en France que pour un mouvement social. Mis à part le bref épisode du parti propriétiste, aile politique de la Fédération des jaunes de Pierre Biétry, c’est en Allemagne qu’il faut chercher une expression politique « jaune » , proche du territoire national, avec le FDP ou Parti Libéral Démocrate. Son logo présente, en effet, l’acronyme FDP en lettres jaunes sur fond rouge.

Le jaune des infographistes

Le jaune du parti présidentiel est aussi le résultat d’une génération spontanée, quoique plus réfléchie. Ce n’est pas un choix fait par le parti présidentiel lui-même, mais par les infographistes chargés d’en rendre compte par leurs illustrations.

Comme l’a dit, en Février 2017, Romain Imbach, responsable du service infographie du journal Le monde :

Il ne restait plus grand chose : le jaune ou le violet. On a testé le violet, parce que c’est un mélange de rose et de bleu. Mais est-ce cela Macron, ou plutôt quelque chose de différent ?

On a finalement choisi le jaune pour montrer l’émergence de quelque chose de nouveau en rupture avec les partis traditionnels.

Actuellement, la plupart des médias ont adopté cette iconographie. Ils l’utilisent pour rendre compte de résultats électoraux, de sondages et faire leur « unes ». Le jaune retenu aux dépens du violet est un jaune ambré.

Ajoutons également que le violet a été écarté en raison d’une certaine instabilité à l’impression qui peut, selon les cas, le rendre rose ou bleu. Par ailleurs, politiquement, le jaune a toute sa place chromatique à côté du Orange du Modem, parti allié du parti présidentiel.

Le Jaune des réseaux sociaux

L’émergence récente du jaune comme symbole d’un parti politique ou d’un mouvement social est étroitement liée à l’importance croissante des réseaux sociaux. Sans eux, il lui aurait été difficile d’apparaître comme neuf.

Il n’en reste pas moins que la couleur jaune traîne,  notamment en France,  le poids d’un lourd passé et que celui-ci peut, à tout moment, ressurgir et exprimer d’anciennes ou de nouvelles formes d’exclusion de la société.