Couleur chaude : définition et emploi

La distinction entre couleur chaude et couleur froide apparaît pour la première fois,  en 1715, en Angleterre, sous la plume des Richardson, père et fils, qui publient alors leur traité de la peinture et de la sculpture. C’est un des tous premiers du genre. Il est destiné à la formation esthétique d’un large public. Ce fut un grand succès et il continue toujours à être lu.

Cette distinction est donc fondamentale. Cela dit, elle est avant tout subjective et sert dans de multiples domaines. Son utilisation s’étend, ainsi, de la peinture à la communication visuelle, en passant, notamment, par la mode et la décoration intérieure.

Couleur chaude et couleur froide : définition

Les couleurs chaudes : orange, rouge, jaune et beige

Une couleur chaude se définit principalement par ce que ressentent ceux qui y sont exposés. Ainsi, les couleurs orange, rouge, jaune et beige donnent l’impression à ceux qui les voient de créer une sensation de chaleur. A cette première sensation, il convient d’en ajouter une seconde, qui lui est associée, celle de la proximité. Ce dernier aspect est un élément important en matière picturale.

Les couleurs froides : bleu, vert et violet

A l’inverse, les couleurs froides se définissent par la sensation de fraicheur et d’éloignement qu’elles suscitent. Il en est ainsi du bleu, du vert et du violet. De cet ensemble, les deux premières couleurs, le bleu et le vert, sont des couleurs primaires. Comme l’autre couleur primaire est le rouge, il y a plus de couleurs primaires froides que de chaudes. Et curieusement, le jaune, couleur chaude, s’obtient par l’addition d’une couleur froide, le vert, et d’une couleur chaude, le rouge.

Subjectivité des couleurs chaudes et des couleurs froides

Les sensations de chaleur ou de froideur que suscitent les couleurs n’ont rien d’objectif. En réalité, si on se réfère à la température des étoiles et à leur coloration, une étoile bleue a une température beaucoup plus élevée qu’une étoile jaune.

D’ailleurs, chacun peut en faire l’expérience : la chaleur de la flamme jaune et brune d’une bougie est beaucoup moins brulante que celle de la flamme bleue d’un chalumeau ou d’un bec de gaz.

Bec de gaz couleur chaude bleu

Par conséquent, la sensation de chaud ou de froid que donne une couleur est purement psychologique. Elle n’en est pas moins bien réelle. Ainsi fonctionne le cerveau humain.

Remarquons néanmoins, comme le fait Michel Pastoureau, historien des couleurs reconnu, que cette lecture des couleurs par le cerveau évolue avec le temps et les environnements culturels. Il note ainsi qu’au Moyen Age et à La Renaissance, le bleu pouvait être considéré comme une couleur plus chaude que le rouge.

Utilisation d’une couleur chaude

Sensations généralement associées à une couleur chaude

L’impression de chaleur et de proximité ne suffit pas à décrire tout le champ des sensations que peuvent susciter les couleurs chaudes. On peut y ajouter d’autres sensations, par exemple,  telles que :

  • Le confort.
  • L’intimité.
  • Le partage.
  • La convivialité.
  • L’accueil.
  • Le bien-être.
  • La joie.
  • L’énergie.
  • La bonne humeur.

L’expression de ces différentes nuances dépend du dosage entre les différentes couleurs chaudes. On voit bien tout le parti qui peut en être tiré pour donner un sens particulier à leur utilisation. Et ce dosage est largement fonction des nombreuses significations qui s’attachent à une couleur, comme, par exemple,  les significations du rouge.

Signification des couleurs chaudes selon leur domaine d’utilisation

Cette signification est particulièrement importante dans le domaine de la peinture, de la mode, de la décoration intérieure, et de la communication visuelle.

Peinture et couleur chaude ou froide

Hors mis dans l’art abstrait, aucun peintre utilise, exclusivement, une seule couleur chaude ou froide, ou seulement plusieurs d’entre elles. Parmi les exemples les plus célèbres de cette utilisation exclusive, on peut citer, par exemple, le carré blanc sur fond blanc, peint par Malévitch en 1918.

Peinture Blanc sur blanc de Kazimir Malévich
Peinture Blanc sur blanc de Kazimir Malévich

Ou encore, les dégradés uniques de rouge, de jaune et d’orange de la toile peinte par Mark Rothko en 1961 et précisément nommée Orange, Red, Yellow.

Mark Rothko, peinture couleurs chaudes
Mark Rothko, peinture avec les couleurs chaudes Orange, Rouge et Jaune.

De fait, traditionnellement, le peintre utilise les contrastes entre les couleurs chaudes et les couleurs froides pour renforcer l’illusion de la  proximité ou de l’éloignement de tel ou tel  élément de sa toile. Une couleur chaude sur un fond de couleurs froides donne l’impression que le sujet, peint avec une couleur chaude, est « saillant ».

Autrement dit, qu’il sort de la toile pour se rapprocher du spectateur. A l’inverse, le même sujet peint, dans une couleur froide sur un fond de couleurs chaudes, donne l’impression qu’il « s’enfonce » dans la toile et s’éloigne du spectateur.

Ces effets sont naturellement connus des graphistes. Il leur est facile de les adapter dans le domaine de la communication visuelle.

Communication visuelle et couleur chaude

Cette communication est essentielle pour l’image de marque d’une entreprise et la conception du packaging d’un produit. Le consommateur perçoit la couleur d’une marque ou d’un produit bien avant d’en lire le message.

Et quand il le lit, son opinion est quasiment déjà faite. D’où l’importance de la cohérence entre la marque, la nature du produit et la couleur utilisée.

logo rouge de Coca-Cola
La couleur chaude rouge du logo Coca-Cola.

Le rouge de Coca-Cola est bien connu. Il est en cohérence avec la nature énergisante de la boisson, elle-même brune.

Il est facile à repérer sur un rayon de magasin et il n’est parasité par aucune autre couleur discordante. Certes, la couleur blanche est la couleur des lettres de la marque.

Elles donnent une impression de fraicheur, mais elles s’effacent derrière les couleurs dynamiques, rouge et brune, dominantes. Ce sont celles qui font la force du produit.

Ainsi, par le choix des seules couleurs, Coca-Cola fait passer un message complet aux consommateurs de sa boisson : reconstituante et rafraichissante.

Couleur chaude et décoration intérieure

La couleur est un élément que les techniques traditionnelles du Feng Shui considèrent avec beaucoup d’attention. Les couleurs chaudes sont ainsi réservées aux pièces qui servent aux réceptions, aux réunions familiales ou qu’il faut réchauffer car exposées au nord.

Salon, salle à manger, cuisine sont des lieux propices à une couleur chaude. On peut y ajouter aussi le bureau. En effet, le jaune facilite la concentration.

Cependant, une couleur chaude en « total look » peut vite apparaître écrasante. Il est, par suite, souhaitable de préférer un agencement mêlant habilement couleur chaude sur un pan, couleur froide sur un autre, avec un mobilier et une décoration choisis pour renforcer l’impression recherchée.

Mode et couleur chaude

La mode s’exprime par la tenue vestimentaire, le maquillage et la coiffure. La couleur retenue pour chacun de ces aspects est à la base du look d’une personne.  Et bien évidemment, ce look peut se révéler déterminant suivant les circonstances. Il n’y a pas de look neutre, car même un look « neutre »  est révélateur.

Le tissu wax ou tissu « africain » très coloré, aux couleurs généralement chaudes,  est une bonne illustration de ce que peut dire un vêtement sur l’état d’esprit de la personne qui le porte. En effet, chaque pièce de tissu wax a un nom qui lui est propre. Par exemple, l’une d’entre elles signifie  traditionnellement « Tu sors, je sors » et une autre « L’œil de ma rivale ».

On peut également considérer qu’il y a des modes ou des standards professionnels. Ainsi, pour montrer leur dynamisme et leur proximité avec le client, beaucoup de vendeurs portent une veste rouge. De même, il est difficile d’imaginer un banquier avec une veste de cette couleur. Il y a de fortes chances pour qu’il privilégie plutôt costume, chemise et cravate bleue.

Couleurs chaudes et couleurs froides : une distinction fondamentale

La distinction, somme toute récente,  entre couleurs chaudes et couleurs froides est désormais un concept important en matière de colorimétrie. C’est aussi un des plus élémentaires et un des plus simples à intégrer.  De ce fait, cette distinction constitue la première étape de toute approche dans ce domaine.

Compte tenu de son impact psychologique, réel, il convient donc de prendre le temps de bien  réfléchir au dosage entre les couleurs, suivant l’effet recherché. Par ailleurs, plutôt qu’un total look qui peut être contre productif, il est préférable de raisonner en couleurs dominantes et secondaires.

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